Le Processus de Prise de Décisions



LA GESTION PAR CONSENTEMENT


0. Préparation de la proposition

  • Écoute du centre : chacun est invité à formuler les éléments importants relatifs au point traité. Cette phase peut prendre la tournure d’une discussion ouverte, cela peut être un temps à part entière.
  • Élaboration de la proposition : déterminer le sujet, la problématique, les arguments,…
    Il est conseillé de faire une proposition simple au départ, qui sera transformée par intelligence collective au travers du processus de gestion par consentement. Deux possibilités sont offertes:
    • le facilitateur/la facilitatrice peut demander à une personne de formuler une proposition,
    • quelques personnes peuvent constituer un groupe d’amélioration (Mission) qui va plancher sur l’élaboration écrite et argumentée de la proposition.
  • Présentation de la proposition : un.e membre est « porteur » de la proposition, une seule proposition est traitée à la fois.


1. Clarifications (Tour de) : Est-ce clair ? Est-ce que je comprends ?

Chaque participant.e pose des questions en vue de comprendre la proposition dans son ensemble. 

C’est le/la membre “porteur/porteuse” qui répond et clarifie les éléments de la proposition. L’objectif est d’ôter tout doute ou possible interprétation erronée de la proposition, cependant le porteur ne répond pas aux « pourquoi ? ». Il ne s’agit pas à ce stade d’exprimer ce que l’on ressent vis-à-vis de la proposition (phase 2).


2. Ressentis (Tour de) : Qu’est ce que je ressens? En quoi la proposition vient satisfaire mes besoins, ceux du projet par rapport à l’organisation ?

Chaque participant.e exprime ce que la proposition lui évoque. C’est à ce stade qu’un maximum d’informations peuvent être exposées afin de nourrir le proposeur pour lui permettre d’amender la proposition en phase 3.

Le/la membre “porteur/porteuse” tente d’avoir une écoute large, de saisir la température globale de ce qui se dégage au centre.


3. Amendements

Le/la membre “porteur/porteuse” est invité.e, sur la base de ce qu’il/elle a entendu.e, à, éventuellement :

  • Re-clarifier la proposition.
  • Amender la proposition : proposer des modifications (ajouts, retraits).
  • Retirer la proposition s’il s’avère qu’elle n’est pas pertinente. En cas de retrait, le processus reprend à la phase 0 avec une nouvelle proposition.


4. Objections (Tour d’): Formuler les objections

Les objections ne sont pas des préférences, des avis, d’autres propositions, c’est ce que l’on considère comme des limites pour soi et pour la mise en œuvre du projet.

  • La facilitatrice/le facilitateur fait un tour pour savoir si les membres du cercle ont des objections. Dans un premier temps, ils sont juste invités à dire si « oui » ou « non » ils ont une objection.
    • S’il n’y a que des « non », la proposition est adoptée, aller directement en célébration. 
    • S’il y a des objections, elles sont écoutées et traitées une à une. La formulation d’une objection n’est pas la formulation de la solution à celle-ci. Le facilitateur se centre sur l’obtention de la formulation de l’objection. Il note les objections au tableau avec le prénom de la personne qui les porte. Émettre une objection, c’est s’en défaire comme quelque chose de personnel pour en faire la richesse du groupe. Une objection est un véritable cadeau pour le groupe : elle va lui permettre d’aller plus loin en explorant des parties de la proposition encore inexplorées.
  • Le facilitateur/la facilitatrice teste les objections: 
    • D’abord, identifier si une objection annule la proposition. Si c’est le cas, retour en 0. 
    • Le facilitateur n’a pas le pouvoir de dire si l’objection est raisonnable ou non. Il peut seulement poser des questions afin d’aider celui qui porte l’objection à le déterminer.

Une objection est raisonnable si :

  • Elle invite à une bonification de la proposition par l’intelligence collective du groupe.
  • Elle élimine la proposition, en la rendant impossible à réaliser (on gagne du temps en passant à une autre proposition).
  • Elle est argumentée de manière claire.
  • Elle n’est pas une manière détournée, consciemment ou non, d’exprimer une préférence ou une autre proposition.


5. Bonifications: Des solutions aux objections sont recherchées

La facilitatrice/le facilitateur traite les objections une par une:

  • Les objections posées au centre sont celles du groupe. La discussion est libre, chacun peut apporter des solutions dans le but de lever l’objection traitée. 
  • Le facilitateur s’assure régulièrement de vérifier que l’objection se lève auprès de la personne qui l’a émise. 
  • Si une solution lève l’objection d’une personne, celle-ci en informe le groupe.

Après un tour de levée d’objections, le facilitateur/la facilitatrice s’assure que de nouvelles ne sont pas apparues. Si oui, retour à l’étape 4, puis 5.

Lorsqu’il n’y a plus d’objection, il y a consentement mutuel, la proposition est adoptée.

Sources :

Colibri 06 Collines d’Azur

Guide des outils pour agir publié par la Fondation Nicolas Hulot et réalisé en partenariat avec L’Université du Nous.