L’apprentissage : le cerveau en question

Les techniques d’apprentissage des enfants, mais aussi des adultes, commencent à se baser sur les découvertes des neurosciences. Au lieu de se focaliser sur la matière à apprendre, les spécialistes utilisent le cerveau pour adapter l’enseignement à son fonctionnement. Cette nouvelle approche ne fait pas l’unanimité, car le fait de travailler sur l’outil, c’est-à-dire le cerveau, inquiète. Pourtant, on s’aperçoit que la science découvre ce que des générations de professeurs ont compris intuitivement.

L’attention est déterminante

Autant d’études de prestigieuses universités et de chercheurs renommés mondialement pour expliquer ce que nous avons presque tous entendus « Sois attentif » ou la fameuse mention sur le bulletin « regarde voler les mouches ». L’attention est le problème majeur des professeurs depuis la nuit des temps, car c’est une faculté du cerveau qui n’est pas inné. Dans les sciences cognitives, le terme attention à une définition plus précise : C’est l’ensemble des mécanismes par lesquels notre cerveau sélectionne une information, l’amplifie, la canalise et l’approfondi. Le test du gorille est une démonstration bien connue. L’expérience consiste à demander à une personne de regarder une vidéo ou des joueuses de volley se font des passes. L’objectif est de compter ses dernières. La mission est facile. Le cerveau se focalise sur son but. Une fois le compte terminé, on demande si quelqu’un a vu une personne en costume de singe traverser l’écran. Plus de 90% n’ont absolument pas vu passer cet ovni qui passe en dansant au milieu des joueuses. Cela démontre que le cerveau sélectionne les informations. Cette sélection est le principe premier de l’attention. Pour l’apprentissage, cette découverte permet d’améliorer la pédagogie.

L’apprentissage et les connexions

Pour bien comprendre, on peut utiliser l’image d’une forêt. Tout d’abord, elle est vierge, il y a peu de connexion entre les neurones. L’apprentissage permet de créer des sentiers. Ces sentiers, plus, ils sont utilisés, plus ils seront faciles à parcourir de nouveau. Si par contre, ils sont peu fréquentés, ils seront de moins en moins praticables. L’adage qui dit que « la répétition est l’art de la pédagogie » est donc prouvé scientifiquement. Ces sentiers se sont les connexions entre les neurones. Ces connexions sont plus ou moins longues à se former lors de l’apprentissage d’une nouvelle notion ou d’un nouveau concept et plus ce concept va concerner plusieurs réseaux de neurones, plus il faudra des connexions bien établies. Dans le langage pédagogique, on parle des bases. L’étude du fonctionnement du cerveau permet ainsi de mieux comprendre les systèmes d’acquisition des connaissances et donc d’améliorer la méthodologie.

On peut aller même plus loin en expliquant les erreurs récurrentes des élèves. Elles ne sont pas forcément dues à un manque de travail, mais bel et bien à des connexions défectueuses. L’idée n’est donc pas de culpabiliser l’élève, mais de revenir autant de fois que nécessaire pour que la répétition permette de construire les bonnes connexions. Pourtant, cette répétition ne se suffit pas à elle-même.

L’apprentissage actif

Un professeur au Quebec a réalisé une expérience intéressante avec des élèves du supérieur. Il a appris les statistiques de plusieurs manières, mais sans préciser à ses élèves qu’ils travaillent sur le même sujet. Il a commencé par un cours magistral. Il a ensuite exposé un cas concret en sortant ses élèves de la classe. Il a ensuite utilisé un jeu de blackjack de casino pour démontrer l’utilité des statistiques. Il a eu moins d’élèves perdus que dans la classe où il a fait son cours habituel. 

Un cerveau qui n’est pas « actif » ne fera pas travailler les neurones et ne créera pas les connexions attendues. Quand on parle d’activité, on ne parle pas d’activité physique. On a longtemps cru que les enfants apprenaient mieux en accompagnant les leçons d’exercices avec la manipulation d’objets figuratifs. Et bien, les dernières études montrent que le cerveau est dispersé si on lui demande des tâches différentes en simultané. Inversement, un cours magistral peut tout aussi bien ennuyer le cerveau qui ne va pas faire travailler les neurones. L’idée est donc plutôt de trouver différents outils pour stimuler le cerveau. On trouve des jeux en ligne destinés aux enfants, conçus exactement dans ce but, un peu à la manière des jeux de casino virtuels comme on en trouve sur ce site web.

Il faut évidemment préciser que l’objectif des sciences n’est pas de créer une sorte de modèle universel, mais plutôt d’avoir une pédagogie qui s’adapte à l’élève tout en prenant en compte des principes scientifiques. Une partie des enseignants craignent la scientification de l’éducation pour ne pas dire une robotisation de l’enseignement. C’est une peur légitime, car elle pourrait laisser penser que les capacités d’apprentissage sont génétiques. Le professeur, depuis la nuit des temps, se bat contre le déterminisme social et économique. Celui-ci serait redhibitoire et on peut craindre un monde dystopique où les individus seraient orientés selon leurs facultés cérebrales.

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